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Journée de rencontre du mouvement Pourtour « De la Parole » à Paris

  • Journée de rencontre du Mouvement Pourtour 4 Rue Titon 75011, Paris France (map)

Avec la participation de Martine Dardanne, Jean Claude Gross et Dominique Lecoq

L’époque est au discours courant, insignifiant dans sa pratique, incantatoire dans ses énoncés, décalé dans ses effets. La conséquence première se repère, de manière généralisée, dans la fonction vacillante de sujet. Il ne s’agit nullement de stigmatiser cette évolution, qui tient à la prolifération des objets qu’impose le développement technique des sociétés humaines, mais de prendre en compte les effets sur les personnes et leur symptôme.

Le langage est le seul interprétant de tous les systèmes sémiotiques : autrement dit, tout énoncé, fût-il incohérent ou onomatopéique, produit un sens. La question devient alors celle que la psychanalyse pose : comment dire sans rester pris dans les rets de la rhétorique ? Comment faire avec l’incomplétude sans rester dans le dispositif fermé de la langue ? Il y faut le silence de l’autre en même temps que sa parole. C’est la position impossible de l’analyste, dirait Lacan, qui, cependant, n’a cessé d’encourager à la tenir. De cela, de la coupure qui opère dans la langue, de l’interprétation, du sens et du hors-sens, seule, après les mystiques qui inventaient Dieu, mais d’une manière entièrement laïque, l’analyse, et plus certainement la passe, permet d’en faire l’expérience qui n’est qu’après tout que celle de la défaillance de la langue à dire le Réel. Cela ne peut que troubler l’ordonnance de la raison, mais c’est ainsi qu’il est possible d’entendre cette formule de Lacan selon laquelle « d’affect il n’y en a qu’un à savoir le produit de la prise de l’être parlant dans un discours, en tant que ce discours le détermine comme objet ».

La contradiction de principe que rencontre le sujet dans l’acte de parler pose un certain nombre de questions actuelles qui méritent de venir, au gré des prises de paroles des uns et des autres, dans le débat entre analystes sur la fonction de la parole vive, afin qu’elle soit une écriture et non un écrit comme trop souvent elle l’est dans les réunions institutionnelles.

Lieu : Local de l’Association des étudiants protestants de Paris, 4 rue Titon, 75011 Paris (Métro Faidherbe-Chaligny, ligne de métro n° 8)

Date : le samedi 5 novembre 2016 de 10H à 12H30 et de 14H30 à 17H30.

10H Accueil des coopérants

10H30 Ouverture de la journée

Quelques mots à propos de la parole en analyse et à quoi pourrait ouvrir la nécessité, promue par Freud et par Lacan, pour chaque analyste de réinventer la psychanalyse
Dominique Lecoq

Alors que le monde dans lequel nous évoluons nous demande sans cesse de faire et d’apprendre de nouveaux savoir-faire , de gérer , de maîtriser , de garantir ,d’expertiser , de communiquer , alors que les individus y sont réduits au rang de consommateurs , alors que les nouvelles technologies envahissent les cabinets, mais deviennent aussi nos outils , la psychanalyse ou « cure par la parole «  demande à l’analyste et à l’analysant de se lancer dans le vide, sans filet.

Pascal Quignard écrit : « Mais quel est l’homme qui n’a pas la défaillance du langage pour destin et le silence comme dernier visage ? » (Le nom sur le bout de la langue)

Comment maintenir un espace où le transfert introduit à la parole poétique, en renonçant au sens et à tout signifié(er), en passant de la langue de bois à la langue du sujet ?
Martine Dardanne  

13H Déjeuner libre

14H30 Ouverture de l’après-midi

La parole, qu’est-ce que vous entendez par là ?…

« Oh, par là j’entends pas grand-chose « répondait Pierre Dac… Et l’analyste ? 

La psychanalyse constate que des « effets de parole « se produisent, dans le cours d’un discours ou d’une déclaration intentionnels , lorsque l’accidentel (idées incidentes ou implications logiques inattendues) vient en perturber le bon ordre , jusqu’à en retourner comme un gant la visée !… Effet de «  doublage «  ou de «  doublure » , apparaissant « après-coup », et touchant toujours à la vérité.

Pourrions-nous identifier de telles séquences, ou d’autres, qui nous paraîtraient relever tout autant d’un « champ de la parole » dans notre pratique ou dans la psychopathologie de la vie quotidienne » ?

Jean Claude Gross

17H15 Fin de la journée et conclusions

Montant de l’inscription à la journée : 20 euros.

Vous pouvez vous inscrire en adressant un chèque, libellé à l’ordre d’Inten$ion Psychanalytique, à Martine DARDANNE, 66 rue du Rendez-vous, 75012 Paris.